Diagonale Dunkerque Menton

Ayant eu la bonté de me convoyer à Dunkerque, Gilles me dépose, peu avant midi, sur les quais non loin du commissariat, où je mange une salade de pâtes préparée la veille. Top départ à 13H25, en atteste le policier qui appose le cachet de Marianne sur mon carnet de route. Il fait beau, une brise m’accompagne, les kilomètres défilent sur un terrain bien plane. Quelques petites bosses font leur apparition avant le premier pointage à Bapaume, j’en profite pour me restaurer avant de repartir, toujours avec un vent favorable. La première partie de la nuit est douce et agréable. Vers 2H00 du matin, une pause-café s’impose au deuxième point de contrôle ; je déballe le réchaud sous les halles de Fère-en-Tardenois pour me concocter un café bien serré. La deuxième partie de la nuit se révèle bien plus difficile : beaucoup de bosses et une température fraîche sont de la partie. Après un petit déjeuner à Sésame, je rejoins l’ancien canal de la Seine via les petites routes de l’Aube bien vallonnées et atteins le centre-ville de Troyes par une voie verte bien arborée. L’après-midi est chaud sur les routes gravillonnées qui mènent à la source de la Seine, j’arrive sur Dijon en fin de soirée après une longue étape de 535 km.
Après une nuit courte mais réparatrice, je décolle de l’hôtel à 3H30. Il fait déjà chaud en pleine nuit, j’atteins la Bresse en milieu de matinée toujours avec un vent favorable. Tôle ondulée jusqu’à Bourg-en-Bresse où un bon dîner sur le thème de la cuisine lyonnaise m’attend.  Un sorbet maison à la mangue, proposé par la boulangerie d’un charmant petit village se situant dans le pays du Bugey, me sera alors d’un grand secours après les très grosses chaleurs de l’après-midi ! Je poursuis vers le lac du Bourget en franchisant le tunnel du Chat qui apporte une fraîcheur saisissante. J’arrive finalement à l’hôtel de Chambéry vers 20H30 via une voie verte ombragée, comptabilisant 230 km pour cette journée.
1H30 du matin, la sonnerie du téléphone me réveille en sueur, il fait chaud ! Malgré cela, à 2H30 pile, en tenue estivale, je prends le départ de cette dure étape.
De longues lignes droites s’enchaînent afin de rejoindre la vallée de la Maurienne où j’aborde un long faut plat montant jusqu’à St-Michel-de-Maurienne. Je remarque beaucoup de camping-cars stationnés sur le bord de la route, et pour cause, je suis sur la route du tour. Je m’accorde un petit déjeuner avant d’entamer les premières pentes du télégraphe à 8H00.  Ambiance festive et cohue au col, je ne m’attarde pas et poursuit sur Valloire puis enchaîne le Galibier avec ses pentes redoutables. Lors d’une pause à 5 km du sommet, trois couples en camping-cars installés ici depuis 5 jours m’offrent une bière et nous sympathisons. Après le pointage à 13H00 au refuge du Galibier, j’amorce une longue descente vers Briançon. Je déguste des spaghetti à la bolognaise pour reprendre des forces mais, au moment de repartir, un gendarme me stop : il faut laisser la caravane du tour passer ! Fort vent de face dans la vallée de la Durance, heureusement c’est profil descendant jusqu’à Guillestre. J’attaque le long col de Vars vers 17H30, les premiers kilomètres sont difficiles puis irréguliers jusqu’à la station, avec deux parties descendantes. Pour le final, la pente s’adoucit pour le plus grand bonheur de mes jambes qui n’en peuvent plus. Je termine cette étape par une très longue descente qui m’amène à Condamine-Châtelard. La propriétaire du Gite et camping me propose une tente pour la nuit au vue de mon départ prévisionnel très matinal.
Premiers tours de roues à 3H30 pour cette dernière étape de 160 km, faut plat descendant jusqu’à Jausiers, point de départ de la Bonnette, long de 24 km d’ascension... il me faudra quatre heures de souffrance pour atteindre l’altitude de 2700 m ! J’enchaîne avec une très longue descente pour rejoindre la vallée de Var, la chaleur est insupportable, j’ai toutes les peines du monde à franchir les deux dernières bosses qui me séparent de Menton. La-Turbie enfin atteint, je me laisse glisser dans la pente jusqu’au commissariat de Police de Menton. C’est avec une certaine fierté que je fais apposer par un policier le dernier tampon de Marianne de mes 9 diagonales, sonnant ainsi la fin du Cycle.