Le Loir à vélo
Initiation au cyclo-camping

 

Comment raconter en une page un voyage d’initiation au cyclo-camping tant les sensations, les images, les odeurs saisies au fil des coups de pédale sont diversifiées. Tant de paysages aussi différents qu’identiques restent dans la mémoire même si la plupart se fondent en un seul ou plutôt -devrais-je dire- en deux images distinctes : la Beauce et la vallée du Loir.
Nous avions décidé, Philippe et moi, de partir en cyclo-camping conforter l’excellente impression que nous avions eue suite à notre premier voyage itinérant de Nantes à Tours ; nous avions fait 4 jours en cyclo-hôtel mais nous voulions agrémenter la sauce avec un parcours plus long –de Chartes à Angers- en mode cyclo-camping. Les différents achats nécessaires à la réalisation de ce voyage ont pris quasiment deux mois à Philippe car nous n’avions que les duvets en stock : de la carriole à installer derrière la randonneuse de Philippe en passant par les matelas super légers mais super pratiques –merci Alain- le réchaud et de très commodes petits fauteuils pour nous reposer le soir.
Nous sommes donc partis le 3 août pour Chartres, journée caniculaire qui devait se rafraîchir dès le lendemain pour notre départ réel à Illiers Combray où nous avons laissé la voiture. La mise en place de tout le matériel dans les sacoches et la carriole nous a pris quelques temps mais nous nous sommes améliorés par la suite, heureusement ! Nous avons alors entamé notre parcours. Si les panneaux Le loir à vélo sont bien visibles en campagne et dans les villages, il n’en est pas de même dans les bourgs où ils se retrouvent au milieu de tant d’autres directions. Nous avons donc fait de multiples détours car, novices que nous étions, pas de GPS avec nous … Grossière erreur et le souvenir de notre « campagne » autour de Briollay ne sera pas le meilleur. Quoi qu’il en soit, en dépit de ces difficultés, nous retiendrons moult endroits plus qu’agréables : souvenirs précieux du château de Meslay, les bords du Loir, paradis des pêcheurs, la vallée de Ronsard et la Poissonnière –plus particulièrement à l’aller car nous avions le vent dans le dos et le petit bac que nous avons dû manœuvrer tout seuls. Nous avons roulé et roulé pour arriver à Montreuil-Juigné à quelques kilomètres d’Angers. Nous y sommes restés pour une journée de repos où le label accueil-vélo n’est pas une simple étiquette : local spécifique avec wi-fi, frigo, plaque chauffante, étagères et possibilité de manger à l’abri. Le fait est assez rare pour être signalé car cet accueil se résume plus souvent à des tarifs préférentiels. Court passage à Angers pour récupérer des cartes routières pour le retour que nous ne voulions pas identique à l’aller.
Le retour se fit sous une forte chaleur et dès le deuxième jour nous avons décidé de partir plus tôt le matin pour nous arrêter vers 13h au camping suivant, à l’ombre des arbres. Ce qui fut fait sauf pour l’étape Montreuil-Juigné/le Lude : un feu autour de Baugé en Anjou nous a empêché de rejoindre le lieu d’arrivée prévu, les forces publiques nous ayant très fermement indiqué que nous devions nous détourner vers La Flèche. Et là nous avons transigé à notre règle du camping pour une nuit à l’hôtel. Nous avons repris notre vélo pour Vaas, Montoire, Cloyes sur le Loir et enfin retour à Illiers Combray après 11 jours de voyage.
Pour en terminer, j’évoquais dans mon début de compte-rendu deux images : la vallée du Loir avec ses multiples étangs, le Loir en lui-même avec sa fraîcheur ombreuse bien agréable en ces jours très chauds. Pour la Beauce, je ne dirai qu’un mot, c’est tragique ! Des champs immenses à perte de vue sans vie apparente, les blés ayant été récoltés et donc rien à voir, un habitat dispersé où les bâtiments sont resserrés sur eux-mêmes, ne laissant voir aucun être vivant et les petites routes à perte de vue que nous suivions en mode faux-plats avec un bon vent de face…

Evelyne