Paris - Brest - Paris 2019
Gilles nous raconte son épopée

La veille du départ, nous partons avec Bruno direction Rambouillet pour la vérification des vélos et la remise des documents nécessaires pour le départ, nous avons rendez-vous à 15h. Une fois la voiture stationnée, nous entrons dans le site du château, c’est immense et des centaines de camping-cars sont déjà installés, des vélos circulent dans tous les sens. Il commence à pleuvoir de plus en plus fort… Nous suivons la longue file qui nous conduit sous de grands barnums où nos vélos sont contrôlés, nous sommes trempés… Nous posons ensuite nos vélos dans un parc prévu à cet effet en pataugeant dans la boue. Malgré tout, l’organisation est bien rodée, les documents sont rapidement en notre possession et nous repartons.  Nous nous inquiétons de la propreté de nos montures en traversant de grandes flaques d’eau, mais plus de peur que de mal, nous n’aurons pas à les nettoyer à nouveau. Déjà plusieurs participants réparent leurs chambres à air, ça commence bien pour eux !

Dimanche 18 août : le départ ! C’est le grand jour, mon départ est à 20h30, je décide de ne pas venir trop tôt à Rambouillet. N’ayant pas réservé de place pour ma voiture sur le site du château je dois trouver un stationnement pas trop loin. En chemin je croise les premiers partis sur la route et je reconnais Jean Sébastien Guilbault qui participe au concours de machine. 19h la voiture est garée, je me prépare tranquillement, mange une dernière fois. Je déplie mon matelas et mon duvet, je n’aurais plus qu’à me coucher au retour…

4 km de vélo pour rejoindre Rambouillet, il est 20h, je suis dans le couloir de la lettre T. Les conversations vont bon train, la pression monte encore d’un cran, nous voilà enfin dans le dernier sas. Un japonais répare une crevaison, il est très calme…

Le speaker donne le départ, les fauves sont lâchés ! Je pars très vite, le contraire de ce que le bon sens exige, mais je suis très en forme et bien préparé. Rapidement je commence à rattraper des cyclos avec des lettres partis avant moi, la nuit tombe. Avant Mortagne je dépasse Christine, nous échangeons deux mots et je poursuis ma route. Le site d’accueil de Mortagne est encombré, je décide de continuer, la nuit est douce. J’arrive à Villaines La Juhel vers 6h15, 215km, je fais une pause petit déjeuner. Je repars à 6h30, le relief s’accentue mais les jambes répondent bien, me voici à Fougères à 11h.  Je fais une pause repas, 304km, tout va bien…La partie suivante est plutôt roulante mais le vent se lève, un vent de face qui réduit beaucoup ma vitesse de croisière, les longs faux plats deviennent interminables et il faut forcer pour rester à une allure modeste, les visages se crispent.

J’arrive enfin à Tinténiac à 14h20, 358km. Je croise Bruno et Patrice qui repartent, nous nous donnons rendez-vous à Carhaix où nous attendent Catherine, Xavier et Alain. Alors que je m’apprête à repartir j’aperçois Emmanuelle, l’effet de surprise est réussi, elle ne me retient pas longtemps, elle connait la musique ! Ce cours moment me redonne l’énergie qui commençait à manquer. En route pour Loudéac, les choses sérieuses commencent, les montées s’enchainent. 19h20, Loudéac 442km, grosse ambiance, il y a de nombreux spectateurs. Je rencontre Patrick qui a le moral dans les chaussettes, il parle d’abandonner. Il me dit qu’il a vu Bruno et Patrice, je ne traine pas, je sais qu’une place au chaud m’attend à Carhaix ! C’est le secteur le plus dur, peu de plat et de belles montées, mieux vaut avoir la forme. Je m’arrête à un ravitaillement proposé par des habitants comme on en voit beaucoup sur le parcours et je retrouve Dominique Noël un cyclo de Dieppe qui a participé aux brevets organisés par l’ACP. Nous décidons de repartir ensemble. Nous nous quittons quelques km avant Carhaix où j’arrive enfin, il est 23h45, 520km, les amicalistes sont là et j’avoue que je suis vraiment content de les voir ! Catherine me sert une assiette de pâtes, je prends une douche et je m’allonge en  ... lire la suite ...