L'aiguille de la boussole indiquait le Nord ...
un voyage itinérant de 1150 km en 9 jours

8 avril 2017, c’est un samedi. La journée semble se préparer à être ensoleillée mais en Normandie c’est un vrai plaisir, on ne sait jamais comment le temps s’orientera- et je ne le dis pas ici avec moquerie mais avec sensiblerie, la Normandie s’est mon « pays », comme on le dit ici. Les premières lueurs du jour vont apparaitre, et j’ai toujours un immense bonheur, à rester un instant dans la pénombre qui tout doucement s’éclaircie pour devenir soleil levant, et cette lumière naturelle est la plus belle du monde. Je peux enfin partir, la veille tout était près- je suis d’une humeur joyeuse, heureux d’en découdre avec les kilomètres qui permettront à mes pensées de se laisser porter et à mon corps de se refaire une belle santé. Les  sacoches  de mon vélo sont pleines-  1150 km à venir, elles se videront et se rempliront au fur et à mesure des petits arrêts que j’affectionne tout particulièrement – ou je lis contact, ou je déguste des mets que je ne connais pas, je tente toujours la spécialité du coin et ça m’en donne des frissons rien que d’y penser……savoir dans quel état d’esprit on prend la route c’est important, surtout lorsque l’on part en solitaire – le moral c’est le booster qui permet à la machine humaine si bien conçue de se mouvoir. Je pars donc de Pavilly et pour celles et ceux qui connaissent j’emprunte la descente qui mène au petit bourg en longeant le cimetière et qui mène aussi à la gare ( qui a perdu depuis sa petite maison ou l’on pouvait s’assoir – discuter- et obtenir nos fameux tickets de voyage ) désormais un distributeur automatique bien moins causant voir complètement muet à ses heures vous renvoi le ticket après vous avoir indiqué «  mettre la monnaie » - Le froid saisissant du petit matin me glace, et je me dis , tout bêtement que cela permet au corps d’avoir un bon coup de fouet, je suis couvert comme il le faut, l’équipement du sportif c’est tout simple : il suffit de prévoir les 4 saisons et le coupe vent c’est épatant. Je vais de toute façon avoir vite une bonne bouffée de chaleur, en m’extirpant de la vallée de L’Austreberthe par une longue montée qui m’amènera jusqu’à Sierville, jolis paysages normands, je les connais par cœur, et bien je ne m’en lasse jamais et j’ai toujours le besoin d’y retourner … Quelques temps plus tard me voici devant le Parc du Bocasse, les rires d’enfants ne résonnent pas encore dans l’air environnant, mais les premiers rayons du soleil m’ont permis d’envisager leurs frimousses ravies, lorsque comme moi enfant, en famille ils pourront s’épanouir à corps perdus  dans le bonheur des attractions, et du repas de midi qui semble si bon, même s’il s’agit d’un pic nique, parce que le bonheur c’est d’être ensemble et de s’amuser en toute insouciance. Je souris j’aime les souvenirs qui composent ma vie. Je poursuis ma route vers «  la boutonnière «  - est-ce un passage qui doit son nom aux nombreuses entreprises de confections qui étaient avant le panache de la vallée ? je n’en sais rien ce jour là mais ça me trotte dans la tête, comme ça me le fait à chaque nouvelle appellation de lieux dits – j’ai une imagination débordante et tout est prétexte à la rêverie, mon surnom vient de là «  le cyclo rêveur «  ça ne s’invente pas et ce n’est pas moins qui me suis auto proclamé rêveur devant mes co-équipiers. Je pense bien à eux, pour ce périple que j’entreprends en solo, leur compagnie m’est toujours dès plus agréables et j’en suis fan pour beaucoup que j’admire bien sincèrement. Ce passage est vallonné à souhait et est le garant du départ vers la Somme par la vallée de Bresle. C’est un magnifique paysage qui se dévoile devant mes yeux toujours attentif à la route mais également et c’est le plaisir que procure le vélo, à mon rythme on peut bénéficier des cours d’eau, des vallées verdoyantes, des fleurs naissantes, et de l’itinéraire j’ai oublié de vous parler : la Somme- l’Authie, et la Canche – la Canche ou je planterais les rivets de ma tente, pour passer ma première nuit de liberté, loin de mon décors habituel et ça me donne des ailes – non pas que je n’aime pas comme tout un chacun mon petit «  chez moi » mais je suis un vieux routard, et c’est tout jeune que j’ai pris l’habitude de m’échapper vers des lieux qui m’enchantent ou me désolent mais qui m’apportent un plus dans la vie de tous les jours.

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Dimanche 16 Avril : toujours du vent de face, ciel mitigé, 125 km, 1100 D+
Je termine mon voyage difficilement-  les 125 km qui me reste à faire me semble interminable, Conty, Grandvilliers,  Forges-les-Eaux,  la côte de Mauquenchy menant à Buchy, la vallée du Cally, une dernière côte en sortie de  Montville. Enfin une dernière ? vous vous souvenez le samedi 08 avril je descendais en partant de mon chez moi sur les hauteurs de pavilly le cœur léger en ne forçant pas et c’est dans l’ordre des choses que pour finir ce récit et ce périple cette descente devient montée et que je retrouve cette petite maison au milieu d’un superbe jardin qui n’attendait que moi pour être à nouveau entretenu , mais ça ne me semble pas prioritaire, étant donné qu’à défaut d’une tente c’est bien dans mon lit que j’ai l’intention de dormir, pour le fait, ça va me changer.


Patrick